
Bien que les concerts soient tous annulés, le jeune artiste indé Esken ne lâche rien, inscrit au concours « Radar » (le lien pour voter est en bas de la page), il est sur-motivé. De nos locaux respectifs, nous avons organisés un petit interview détendu, le tout dans la bonne humeur.
Salut Esken ! Comment se passe ce deuxième confinement en France ?
Esken : Le confinement se passe… Le concours me prend finalement beaucoup plus de temps que je ne le pensais, je suis constamment sur les réseaux, à contacter des gens, répondre aux messages… C’est un vrai challenge pour rester dans le top 10 ! Et sinon je fais toujours de la musique.
Puisqu’on en parle, comment as-tu commencé à faire de la musique ?
J’ai commencé par faire du slam quand j’étais petit. J’écoutais un peu de rap plus jeune mais ma culture s’est vraiment élargie lorsque j’ai commencé à en faire. J’ai vite abandonné le slam car je trouvais que ce n’était pas assez rythmé. J’avais l’impression que c’était un cousin du rap mais je sentais vraiment que ce à quoi j’étais destiné était le rap et la musique un peu plus chanté. Donc j’ai commencé à faire des impros, j’écrivais beaucoup de textes et puis j’ai commencé à tester des trucs et j’ai tout de suite voulu poster. J’ai sorti des morceaux beaucoup trop prématurément… C’est comme si toi t’apprenais le piano et tout de suite tu postes un truc. C’était il y a 4-5 ans de ça et c’était un peu bancal… Mais suite à ça j’ai fait des concours, continué à poster et puis je suis vraiment tombé amoureux du rap et de la musique en générale. C’est aussi pour ça que je ne me suis pas enfermé dans le rap non plus. Ce qui peut faire grincer les dents les « puristes » quand je dis que j’en fais… Même si j’ai des influences de la pop et de l’électro. Au final je laisse les gens choisir comment eux ils perçoivent ma musique, je n’ai pas envie de me mettre dans une case… Une fois en live j’avais dit que je faisais du « Rap-Pop-Chant-Electro ». *Rires*
Et donc quand as-tu décidé que tu vivrais que pour la musique et que t’allais t’y lancer pour de bon ?
Il y a un an… Quasi tout pile. J’ai arrêté la fac de cinéma à ce moment-là. J’avais commencé par cette voie là pour le côté scénario puisque j’adore écrire. Mais au final il y avait un seul cours où on en écrivait et tout le reste était beaucoup trop théorique et ça m’intéressait pas forcément. Le fait d’être en cours m’oppressait aussi beaucoup et j’ai jamais eu l’impression d’y être à ma place. Même si j’y ai passé deux ans là-bas, j’ai décidé d’arrêter. Maintenant mon objectif c’est de réussir dans ce que je fais, mais j’ai toujours des projets qui sont liés à l’écriture à côté de ma musique.
Et ta famille elle a réagit comment quand tu leur as annoncé que t’arrêtais les études pour la musique ?
Ils s’en doutaient un petit peu. Ils me soutiennent parce qu’ils voient qu’il y a des résultats. Et puis ils voient que je suis à fond, j’ai les crocs et j’ai beaucoup de projets en cours… Ils se disent que c’est quelque chose qui me passionne depuis longtemps, en particulier l’écriture donc, ils me surveillent un peu mais ils croient en l’avenir.
Tu as changé pas mal de style depuis tes tout débuts, pour un jeune artiste, tu as déjà pas mal expérimenté, qu’est-ce qui t’inspires et qu’est-ce qui t’as donné envie de tenter de nouvelles choses ?
J’ai testé pleins de trucs, tâté pleins de styles, il y a vraiment beaucoup de choses que je n’ai pas sortie parce que j’expérimentais encore. Mais en tâtant, il y avait des styles qui me parlaient plus. J’ai très vite voulu rajouter du chant à mon rap, ce qui m’a fait beaucoup me remettre en question. Je me demandais si du coup c’était encore du rap, si j’étais plutôt un chanteur… Mais aujourd’hui il y a beaucoup d’hybrides des deux genres, le public aime ça et moi ça dérange plus de ne pas avoir d’étiquette…
Quand t’écris un morceau, quel est ton processus ?
Je tombe amoureux des prods, je suis pas sur tinder mais je swipe sur les prods comme si. Je vais souvent sur youtube et j’essaie de trouver des sons qui me plaisent, en général ça va super vite, en trois secondes je peux savoir si ça va me plaire ou non. Mais maintenant je travaille avec un beatmaker, il a entre autre fait « Haute Dose », « Idylle » et « Presse », et ensemble on travaille le son à fond, on recherche les accords, les instruments et le processus créatif est totalement différent. Donc j’ai ces deux options bien distinctes.
Tu as déjà un grand succès avec « Les Femmes » sur spotify notamment, tu l’as écrite comment celle-ci par exemple ?
C’est marrant parce que c’est trois morceaux clipsés ensemble, le refrain de base était beaucoup plus lent, moins house. Et je pense que c’est un peu grâce à ce morceau qu’il y a eu un déclic avec l’électro parce que je suis tombé sur cette prod et j’avais déjà un texte qui disait « J’aime pas trop le monde des grands, des larmes devant l’écran coulent » et j’entends ce rythme… Naturellement j’ai posé le refrain dessus, j’ai ensuite écrit le deuxième couplet exprès pour ce son et donc c’est un peu une chanson hybride de plusieurs de mes textes. Je suis tellement content de ce succès. Beaucoup de gens m’ont découvert grâce à ce titre.
Si tu gagnes le concours Radar, auquel tu es inscrit, tu gagnes quoi ?
Il y aura un suivi artistique, des cours de chant, des photoshootings, des cours de gestions de médias, peut-être un clip… Et à côté, la possibilité de faire la tournée des festivals, quand ils reprendront évidemment… Donc ouais c’est pas mal. Surtout moi qui suis en indépendant, c’est une grosse opportunité.
Tu as fait déjà plusieurs featuring avec différents rappeurs, un artiste avec qui tu aimerais collaborer ?
Naturellement, quelque chose qui finira sûrement par se faire, ce sera un feat avec James Baker. Parce qu’on est pote et parce qu’on est vraiment dans des univers qui se rejoignent. Mais franchement Angèle… J’ai adoré ce qu’ils ont fait avec Swing sur la chanson « S’en aller »… Rien que pour passer un moment au studio pour parler de musique et puis sa voix est incroyable. Angèle si tu nous lit… *Rires*
On en vient à la dernière question, celle que je pose pendant tous mes interviews. Puisqu’il y a sûrement des gens qui ne te connaissent pas encore qui lisent cette interview, par quelle chanson devraient-ils commencer pour comprendre ton univers ?
Franchement c’est bête mais « Idylle » est ma nouvelle préférée donc je dirais de commencer par ça. Il y a de la mélancolie, du dynamisme, des sonorités électros, j’aime la façon dont elle est écrite… Il faudrait aller dans l’ordre en fait, avec « Idylle », « Haute Dose », « Les Femmes » et après si tu veux vraiment, tu peux aller voyager dans d’autres trucs. « Vivant » est un EP que j’aime bien encore même s’il s’éloigne de ce que je suis en train de faire mais « Mort-Vivant » franchement… Il a beaucoup de défauts et heureusement qu’il y a eu de l’évolution depuis…
Merci encore à Esken pour son temps et on lui souhaite tout le meilleur pour ce concours, allez voter en masse (un vote par jour, jusqu’au 26 novembre !) il le mérite terriblement : https://www.radar.st/candidat/Esken