Les belges étaient invité à l’occasion du festival des Hivernales qui se déroule du 28 février au 1er mars 2020. Ils se sont produits ce samedi 25 janvier dans la ville de Nyon au bar de la Parenthèse.
Salut les gars ! Merci d’être là, commençons par le commencement, comment avez-vous commencé à faire de la musique ?
Yellowstraps: C’est venu par curiosité, au tout début, on était pote avec le Motel, ça va faire vingt ans qu’on se connaît, on était voisin et c’est lui qui a commencé à faire de la musique. Quand on avait 12 ans à peu près, Alban l’a vu faire de la guitare et ça lui a donné envie d’essayer. Yvan a commencé à chanter un peu après, on faisait des reprises ensemble et le simple fait de pouvoir rejouer des morceaux d’artistes qu’on aimait ça nous a vraiment donné goût. Mais jamais quand on était gosse on se disait qu’on allait faire ça de nos vies, c’était juste un hobby.
Le duo entre frères il est venu comment ?
Au tout début on a commencé avec un pote, on était à trois. Alban avait commencé la guitare avec lui, on faisait les reprises ensemble, on a composé nos premiers morceaux ensemble puis il a quitté le groupe pour privilégier ses études. Nous deux, on a continué ensemble parce qu’on en avait envie.
Et le choix de chanter en anglais ?
Nos parents n’écoutaient pas forcément de musique française donc on a grandit avec des groupes anglo-saxons, c’était notre seule référence. Et puis même plus tard, quand on écoutait de la musique entre potes, en général c’était des artistes américains ou anglais. Après on aime beaucoup la musique française mais pour nous c’était plus naturel de chanter en anglais, ce n’était pas un choix.
Vous avez remporté le prix du groupe le plus prometteur aux Red Bull Elektropia Awards en 2014, vous allez sortir un nouvel EP très prochainement, est-ce que ça vous a mis une pression supplémentaire ? Vous appréhendez ? Vous avez hâte ?
Non, on a vraiment hâte ! On est impatient parce que c’est un projet un peu différent de ce qu’on faisait d’habitude, c’est aussi l’EP qu’on a le plus travaillé, le plus aboutit, dans l’optique de faire un truc sérieux, avec une des méthodes de travail différentes, avec une vision différente. Il y a des morceaux qu’on a écrit il y a longtemps, certains qui datent de deux, trois ans, et puis d’autres qui sont plus récents. C’est un mélange qui fait que c’est le projet le plus cohérent jusqu’ici.
Ca fait donc un moment que vous composez ensemble, c’est quoi votre processus d’écriture ?
Généralement Alban fait les instru en premier, puis Yvan pose le texte, trouve les mélodies. La plupart du temps on le fait chacun de notre côté, puis une fois que le base est écrite on se rassemble pour le jouer ensemble. Quand on habitait encore chez nos parents on le faisait un peu plus ensemble mais sinon on a toujours procédé de la même manière.
Je sais qu’on vous le demande souvent, mais peut-être que vous avez réussi à le déterminer depuis, comment définiriez-vous votre son ? J’ai vu, par exemple, dans La Tribune de Genève, qu’ils vous qualifiaient de « Pop nonchalante et enivrante » est-ce que ça vous va ?
Le mot « nonchalant » nous va totalement, on le prend vraiment d’un point de vue positif, on le voit au sens naturel et pas forcé. Après on fait un mélange de soul, jazz, hip-hop et même électronique, qui sont les styles qu’on aime le plus donc le définir en un seul genre on y est pas encore arrivé.
A quel moment vous vous êtes dit que vous alliez vivre de votre musique et pas d’autre chose ?
C’est assez récemment, peut-être il y a un an de ça, qu’on s’est dit qu’on allait tenter. C’est aussi un moment où à Bruxelles, il y avait une espèce d’émulsion et ceux qui ont explosé sont des potes à nous donc ça nous a motivé en se disant qu’on allait mettre tous les moyens de notre côté pour y arriver.
On doit sûrement vous en parler, le COLOURS que vous avez fait a eu un énorme succès ! Comment ça s’est passé ? L’enregistrement, les coulisses de ce show ?
De pouvoir le faire, pour nous, était une opportunité incroyable, on est trop trop fan de ce format ! On les suit depuis tellement longtemps donc on savait que c’était une grosse vitrine si jamais ça se faisait, mais on avait peur parce qu’on savait qu’ils étaient assez « peaky » et les artistes sélectionnés sont assez nichés. Puis un jour on s’est dit « Imagine une fois on le fait ! », mais pour nous c’était impossible. On les a approchés petit à petit, nous ont dit qu’ils aimaient beaucoup mais ils étaient toujours hyper occupé et puis on se disait qu’ils allaient nous oublier. Et on leur a envoyé notre démo de l’EP qui va sortir, avec la chanson « Rose » et c’est celle-là qui les a intéressé. Puis d’un seul coup la situation s’est débloquée et on avait une date. On a fait l’aller-retour jusqu’à Berlin en une journée, on est arrivé dans leurs locaux qui ressemblent à des trucs de fin du monde, au milieu de nulle part, puis on a vu leurs bureaux tout neufs et évidemment ce fameux fond vert. On ne savait pas vraiment à quoi s’attendre, on pensait qu’ils voyaient des artistes à la chaîne, que ça allait aller super vite et en fait pas du tout, les gens étaient contents de nous avoir, hyper intéressés et on a vraiment passé du bon temps avec eux ! L’équipe était extraordinaire, tout le monde était super sympa et ils ont su nous mettre directement à l’aise. Mais on avoue que la première prise qu’on a faite, on avait la pression, quand on a entendu le « C’est bon, ça tourne ! » on s’est dit « Wow, on y est ». Et puis on sera sur leur première compilation, il y a seulement six artistes donc on s’est dit que leur engouement n’était pas faux et qu’ils avaient vraiment kiffé !
Comment vous avez géré ce succès, qui en plus est assez international ?
Ca nous a vraiment motivé à finaliser le projet sur lequel on travaillait, ça nous a donné un super tremplin donc on voulait pouvoir ensuite sortir un EP. C’était vraiment l’objectif de pousser le groupe à l’international, le plus loin possible et c’était clairement une bonne vitrine pour nous. Ca nous a offert une bonne crédibilité aussi, c’était le but aussi de démarcher des labels à l’étranger donc COLOURS ça nous a permis de valider ça.
Dernière question, que je pose à tous mes interviews, quelle serait la chanson qui démontre votre monde le mieux ?
On dirait « Blame », c’est la chanson qui a clairement définit le nouvel univers sur lequel on voulait partir. Tous les projets avant ça, c’était en recherche d’un style qui se mettait en place et puis « Blame » était le premier morceau où tout ça était plus clair. Le meilleur compliment qu’on puisse nous faire c’est de nous dire quand vous entendez la touche « YellowStraps » et donc ce morceau a renforcé cette touche.
Merci encore à YellowStraps pour leur temps ! Le nouvel EP sort ce 7 février 2020.